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"The Pulse of Canada "


 
 

 
General

POP Montreal Announces More Acts, Including The Unicorns

Posted July 21, 2014 by Andrew_Horan

POP Montreal has announced more bands and artists including the reunited Unicorns. This will be their only Canadian show outside of their dates opening for Arcade Fire. In addition to the music, Art POP will also celebrate its 10th anniversary with the first collaborative art project between  Dominique Pétrin and LOVE Québec, a group that works to reduce violence
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Canada

La femme du français

Posted July 21, 2014 by Claude Dupras

Elle est née en Haïti. En 1968, sous la dictature de François « papa doc » Duvalier, sa famille fuit son pays pour s’établir à Thetford Mines, la ville de l’amiante québécoise au Canada, où il n’y a aucune famille noire. Elle a onze ans.

Ses études la mènent à l’université de Montréal où elle obtient un baccalauréat langues et littérature espagnoles et italiennes. Durant et après ses études, elle démontre une sensibilité particulière pour les femmes victimes de violence conjugale. Puis, les dirigeants du réseau français de Radio-Canada la remarque dans un documentaire de l’Office National du Film canadien et lui offre un emploi. Elle n’a que vingt ans. Elle devient reporter et animatrice et sept ans plus tard lectrice de l’émission de nouvelles « Le Téléjournal ». Elle est de plus, interviewer de personnalités canadiennes et d’autres pays.
Son nom est Michaëlle Jean et les Canadiens n’ont pas fini d’en entendre parler.
Elle épouse un français, cinéaste et philosophe, Jean Daniel Lafond. Ils adoptent une jeune fille haïtienne.
Bilingue parfaite, la chaine anglophone de Radio-Canada, quatre ans plus tard, l’invite à se joindre aussi à elle. Puis, elle devient animatrice du Téléjournal, et en 2004 anime sa propre émission « Michaëlle » diffusée en français.
En 2005, une surprise attend tous les Canadiens. Le 4 août, le premier ministre Paul Martin annonce que Michaëlle Jean devient Gouverneur Général du Canada, le 27ième. Les canadiens-haïtiens sont fous de joie, les autres étonnés. Elle est la première personne noire à remplir ce poste. Elle a 37 ans. Mais comme elle est aussi de nationalité française, acquise lors de son mariage, elle doit renoncer à celle-ci étant donné qu’elle sera la commandante-en-chef des Forces Armées Canadiennes. Ainsi est faite la constitution.  Elle rencontre, avec sa famille, la reine Élizabeth à sa maison d’été de Balmoral pour respecter la tradition et devient la vice-royale canadienne.
Son discours inaugural met l’accent sur ce qu’elle identifie comme les « deux solitudes » canadiennes. Elle veut instaurer un pacte de solidarité entre les peuples fondateurs du pays. Mais son discours va plus loin, et touche les relations entre les différentes communautés ethniques, linguistiques, culturelles et de genre.
La nouvelle Gouverneur générale est très active et représente la Canada partout : JO d’hiver en Italie, festival d’Iqaluit au Nunavut, en Algérie, au Mali, au Ghana, en Afrique du sud, au Maroc, en Argentine, en Haïti. Partout elle encourage les droits des femmes, particulièrement dans les pays musulmans. En Afghanistan, elle prend position pour la mission de paix affirmant que « le Canada est fier de faire partie des 37 pays qui ont entrepris de restaurer la stabilité et la reconstruction du pays ». Elle est à Vimy pour la commémoration du 90ième anniversaire de la bataille. Et encore… 
Elle rencontre les chefs d’état de multiples pays, dont la présidente du Chili, l’héritier et nouveau roi d’Espagne, le président hongrois et des dizaines d’autres.
En 2008, elle doit gérer une crise politique inédite au Canada. Le gouvernement minoritaire Harper est en difficulté après que l’opposition ait rejeté son énoncé économique. Les partis d’opposition lui proposent de se substituer au gouvernement en créant un gouvernement de coalition. Une première en politique canadienne. Elle refuse et décide de proroger la session parlementaire de deux mois jusqu’au dépôt du budget. Harper est sauvé.
À la fin du mandat de Michaëlle Jean, Harper crée une surprise en ne le renouvelant pas. Elle le voulait, il ne l’a pas voulu. Pourtant ses  prédécesseurs l’avaient fait pour les gouverneurs généraux du passé. Et cela, malgré que 57% des Canadiens approuvent son travail et considèrent qu’elle les a toujours représentés dignement et avec compétence. Harper est du genre conservateur-républicain-américain et veut avoir le contrôle total sur les affaires de l’état et comme elle montrait un peu d’indépendance…
L’ONU qui a remarqué les talents de Michaëlle Jean, la nomme « envoyée spéciale pour l’éducation, la science et la culture en Haïti » dans le but d’obtenir des fonds pour la reconstruction et l’éducation dans ce pays. Puis, le sénégalais Abdou Diouf, secrétaire général de la Francophonie, la nomme comme « grand témoin » pour les JO d’été de Londres afin de promouvoir la langue française. Entre temps, elle préside le conseil d’administration de l’Institut québécois des hautes études internationales à l’université de Laval et devient la chancelière de l’Université d’Ottawa.
Abdou Diouf démissionne de son poste en 2014 et Michaëlle Jean exprime son intention de le remplacer. C’est un poste très important. Mais elle n’est pas seule à viser cette nomination. Il y a aussi Pierre Buyoya, l’ancien président du Burundi, et le socialiste Bertrand Delanoë, l’ex-maire de Paris. Buyoya mise sur les suffrages de l’Afrique Centrale ce qui lui donne des créances démocratiques, tandis que Delanoë compte sur le fait qu’il est socialiste et qu’il a appuyé le président socialiste François Hollande lors des primaires de son parti pour le choix du candidat.
Michaëlle Jean ne désespère pas car elle a beaucoup d’atouts. N’est–elle pas un symbole de la francophonie plurielle ? N’a-t-elle pas l’esprit de résistance de son peuple comme elle l’a si bien démontré au Canada ? Ne s’est-elle pas investie dans le combat social canadien en travaillant auprès de femmes en difficultés ?  Malgré son travail intellectuel, n’a-t-elle pas toujours montré son sens pratique pour aider les femmes violentées ? Lors du terrible tremblement de terre  en Haïti, n’a-t-elle pas transformé son bureau en centrale téléphonique pour les initiatives de secours sur la base des informations reçues ?
Comme les Haïtiens dont la vie est difficile et qui souffrent, elle a démontré qu’elle sait composer avec le chaos et qu’elle a une capacité de résistance et d’organisation dans toutes situations. Tous les liens qu’elle a tissés avec les pays africains, dans sa carrière de journaliste et de chef d’État, ont créé une sympathie envers elle et naturellement Haïti, où étaient « menés des millions d’Africains lors de la traite négrière ». Elle propose aujourd’hui, une « francophonie de la diversité culturelle et du pluralisme », dont elle est l’exemple, « assise sur la francophonie politique, les valeurs démocratiques et l’état de droit » réalisés par les présidents passés de l’organisme.
Elle met surtout l’accent sur le développement économique qui est, pour elle, le vrai espoir des jeunes. « A quoi sert de produire des milliers de diplômés si c’est pour en faire des chômeurs ou des demandeurs d’asile ? », demande-elle ?
Elle réclame aussi le respect des droits de l’Homme qui pour elle « préservent les valeurs du peuple et son rayonnement plus grand que ses ressources », citant le Sénégal comme exemple.
Malgré que le Canada appuie sa candidature, c’est aussi un aspect négatif pour elle à cause du comportement offensif de sociétés minières canadiennes en Afrique. « J’entends mettre l’accent sur la responsabilité sociale des entreprises… », assure-t-elle pour obvier à ces craintes.
Michaëlle Jean a toutes les qualités pour bien remplir l’importante tâche de secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie. Elle incarne la francophonie du futur, celle du bon sens économique. Elle est la candidate idéale pour être dans le monde, la femme du français.
Mais à ce jour, la France la boude. Elle se montre sceptique aux propositions de Michaëlle Jean, pour une francophonie plurielle et diverse qui s’ouvre sur le monde. Le malheur pour la candidate canadienne est que la France assure plus de 70% du budget de l’organisation, ce qui fait que sa voix est prépondérante. Je ne serais pas surpris que le gouvernement français opte pour un ses siens qui se cherche un emploi, le socialiste Bertrand Delanoë, ex-maire de Paris. Ce n’est pas le meilleur candidat, mais il est “du bon bord”. 
Claude Dupras

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Canada

La fête de notre Canada

Posted June 30, 2014 by Claude Dupras

Comme toujours en ce 1er juillet, nous célébrons la fête du Canada. Ce merveilleux pays qu’est le nôtre fait l’envie de la très grande majorité des citoyens de la planète comme nous le constatons tous lorsque nous visitons les pays du monde.

Le Canada est grand. Il est beau. Il est riche. Il est au top de toutes les statistiques de l’OCDE en rapport avec la qualité de vie, les soins de santé, l’éducation, le PIB, etc… Quel pays fantastique ! Ce sont les Français qui l’ont découvert, l’ont exploré et qui y ont construit ses premières habitations. Ils ont créé Québec, la première ville en Amérique. Montréal sa métropole. Les francophones du Canada, où qu’ils soient, sont leurs descendants. Il y en près de 10 millions au pays. Même si les Anglais sont venus conquérir leur territoire, ils n’ont pas laissé tomber les bras. Grâce à sa solidarité, notre peuple a repris sa place et notre pays est aujourd’hui officiellement bilingue et biculturel. Pas autant que nous aimerions, certes, mais avec nos efforts persistants, nous pourrons assurer à la longue cette position.

Il y a et il y aura toujours des anti-Canada. Leur principale stratégie actuelle, pour se remplumer, est de jouer sur le sujet de la langue et particulièrement sur l’enseignement de la langue anglaise dans nos écoles. Ils disent ne pas s’y opposer mais leurs écrits nous démontrent qu’ils n’y voient que du mal. Je ne les comprends pas et je pose la question suivante : « Comment, comme parents, peuvent-ils s’opposer à ce que leurs enfants soient bilingues dans le monde d’aujourd’hui alors que la langue anglaise est devenue le dénominateur commun pour les relations entre pays, pour les affaires, pour le sport… ».

Leurs prêches cherchent à nous faire peur en nous mettant en garde qu’un Québec où ses citoyens seront bilingues, ne sera plus le Québec. Ils oublient nos lois et la volonté ferme de tous les Québécois d’origine, quelles que soient leurs tendances politiques, d’avoir un état français protecteur de notre langue, de nos traditions et de notre culture tout en assurant que tous les néoquébécois maitrisent la langue française. Nous voulons aussi que chacun de nous puisse avoir l’opportunité de s’ouvrir sur le monde et pour ce faire être en mesure de communiquer avec qui il voudra.

Quel que soit le continent, la langue anglaise est de plus en plus parlée et écrite partout. Ça aurait pu être le français, mais c’est l’anglais. L’Histoire du monde en a décidé ainsi.

Ce n’est pas un discours de fédéralistes triomphants qui veulent imposer leur vision des choses et gagner la faveur publique. C’est la réalité pure et simple. Ils ne veulent pas en finir avec le principe de « la seule langue officielle » ni rendre bilingue la fête nationale québécoise, comme le prétendent certains. Ils sont en accord avec l’effort pour inciter que les minorités anglaises et autres à apprendre et à parler le français. Et, heureux de constater que cet objectif est sur le point d’être atteint.

Le jour de la fête nationale québécoise est particulier et doit être conservé tel quel. Les francophones de toute tendance politique veulent que leurs enfants soient bilingues pour profiter de tout ce que la vie leur offrira. Et dire comme certains séparatistes, parmi les plus écoutés, que ce désir et cet effort pour l’atteindre ne sont que de « la folklorisation qui risque la dissolution pure et simple de la culture québécoise » n’est qu’une exagération simpliste et malhonnête qui cherche à nous éloigner du Canada. Le jour de la fête du Canada est important pour nous rappeler ce que nous sommes et le potentiel extraordinaire qui est le nôtre.

Si tous les Québécois deviennent bilingues, ou trilingues pour plusieurs, cela ne désincarnera pas notre nation francophone, ni « la déculturera », mais la renforcera. Le Québec ne deviendra pas « une simple entité territoriale » comme le prétendent les oiseaux de malheur. Nous demeurerons toujours la majorité au Québec et jamais nous renoncerons au Québec français. Le bilinguisme nous permettra de prendre toute la place qui est la nôtre dans le Canada.

Cessons de nous regarder le nombril et nous deviendrons plus grands et plus importants dans notre pays et dans le monde. Le Québec sera plus fort. Le Canada aussi.
Bonne fête à nous tous, les Canadiens.

Claude Dupras

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La révolte des fonctionnaires

Posted June 19, 2014 by Claude Dupras

Les grandes villes du Québec s’apprêtent à vivre des moments difficiles. Face à la situation financière critique qui les guette, Montréal, Québec et autres se voient obligées de mettre un frein à l’endettement, de couper dans les dépenses, dont particulièrement celles générées par les régimes de retraites. Ce ne sera pas facile pour les dirigeants politiques de persuader les fonctionnaires et leurs syndicats d’accepter des propositions qui modifieront les conditions de pension de leur retraite obtenues suite à des ententes durement négociées et signées. Les politiciens sauront-ils résister devant la tempête que leur promettent les syndicats visés par les nouvelles mesures ?

Un premier éclat a eu lieu, il y a deux jours, devant l’Hôtel de ville de Montréal. Frustrés, des milliers d’employés de la ville, pompiers, policiers, cols bleus et autres se sont réunis et ont protesté sauvagement pour marquer leur mécontentement. Ils ont allumé un gigantesque feu dans la rue. De plus, ils ont arrosé avec un équipement municipal le balcon devant l’hôtel de ville, celui d’où le général deGaulle a crié « Vive le Québec Libre ». Ces syndicats sont parmi les plus violents du Québec et savent qu’une telle stratégie leur a procuré souventes fois des gains appréciables. Ils persuadent ainsi les politiciens de lâcher prise en leur indiquant ce qui les attend s’ils ne cèdent pas.

Du temps du maire Jean Drapeau, qui a dirigé la ville durant plus de 30 ans, les chefs syndicaux réagissaient violemment. Entre autres actes condamnables, une bombe, placée sous le balcon de la résidence du maire, éclata alors que sa famille était dans la maison. Quelques années plus tard, c’est à coups de matraques et pilons que les syndiqués défoncèrent une porte d’entrée à l’hôtel de ville. Nonobstant ces gestes sauvages, le maire et son Parti Civique résistèrent afin que le bon sens financier règne. Ils ont su faire plier les syndicats pour finalement signer des ententes acceptables.

Lors de l’élection de 1986, alors que j’étais le chef et le candidat du parti civique à la mairie de Montréal, suite à Drapeau, les représentants syndicaux sont vite venus me voir, dès l’annonce de ma nomination, pour obtenir mon accord sur leur position dans les négociations en cours qui, encore une fois, étaient contestées par l’administration Drapeau-Lamarre. Ils me promettaient l’appui électoral de leurs syndicats si j’obtenais l’acceptation de leurs demandes. Ne voulant intervenir dans de telles circonstances, je leur demandai d’attendre après les élections pour poursuivre les négociations. Le lendemain, ils se retournèrent vers mon adversaire Jean Doré qui accepta leurs avances. Ce soir-là, lors d’une réunion publique des syndicats municipaux à l’aréna Paul-Sauvé, leurs chefs annoncèrent leur appui public pour Doré et des pancartes à son effigie étaient distribuées dans la foule. Ils travaillèrent intensément à sa campagne électorale. Ce dernier gagna l’élection et dès son arrivée au pouvoir signa l’entente avec les fonctionnaires, sans trop de questions.

Puis, durant 10 ans, les cotisations patronales aux fonds de retraites n’ont pas été payées puisque la ville revendiquait qu’il y avait d’importants surplus. La crise de 2008 a fait fondre le reste. On peut se demander si le maire Bourque et les actuaires ont fait des erreurs de calcul en ne prévoyant pas la stabilité des régimes ?

Il en fut de même avec l’administration Tremblay-Zampino, lors de la fusion des villes de l’île de Montréal en une grande ville. Les négociations avec les syndicats de fonctionnaires s’engagèrent au milieu de menaces d’arrêt de travail. Mais ce fut de courte durée et les conditions des travailleurs furent acceptées. Ce jour-là, je demeurai estomaqué qu’une entente si complexe, coûteuse et qui affectait les intérêts à long terme des citoyens soit acceptée si brusquement.

Aujourd’hui, les villes doivent maintenir ces régimes de retraite qui fixent à l’avance le montant de la rente de retraite payable dont les coûts sont assumés en partie par les employés à même une cotisation prélevée sur la paie et la ville qui assume l’autre partie.

Un changement est devenu nécessaire parce que les régimes présentent actuellement un déficit actuariel et que les villes doivent assumer seules la totalité de la « cotisation d’équilibre » en application des lois existantes. Les villes doivent donc verser dans la caisse de retraite des sommes additionnelles à celles prévues afin de rencontrer les obligations du régime. C’est très lourd pour les contribuables et ce le sera davantage avec l’augmentation de l’espérance de vie.

Afin d’assurer la viabilité de ces régimes, les villes proposent des modifications qui visent, à la fois, à diminuer les coûts du régime et à partager également les déficits entre la ville et les employés actifs. De façon générale, les nouvelles modalités auront pour conséquence de retarder de façon progressive l’âge du départ à la retraite, permettant à la ville de conserver plus longtemps à son emploi une main d’œuvre qualifiée et expérimentée. Ceux qui sont déjà retraités ne seront pas touchés par le remboursement des déficits passés.

Le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, vient de déposer le projet de loi sur les déficits des régimes de retraite des employés municipaux dont le total est de 3,9 milliards$. Le projet propose un partage des déficits passés à 50-50, entre employés présents et futurs et les municipalités. La négociation doit durer un an et en cas de litige un arbitre tranchera. Pour les syndicats, c’est une «déclaration de guerre» et ils crient au «hold-up» des caisses de leurs membres actifs et retraités. Ils accusent le gouvernement libéral de jouer le jeu des villes qui renient leurs signatures des ententes passées.

Il est vrai que c’est une situation injuste et choquante pour ceux et celles qui ont obtenu un travail de fonctionnaire et qui ont planifié leur vie en fonction des conditions que la ville leur a accordées. Ils ont obtenu un emploi garanti à vie, des conditions avantageuses et une bonne pension. Ces avantages les ont motivé à ne pas changer d’emploi et assurait à la ville une stabilité et du personnel expérimenté. Au début, les salaires étaient inférieurs au domaine privé, mais avec le temps la parité s’est installée. Ils croient que la parole donnée est sacrée. Ils se sentent maintenant trahis. Ils posent ici la question : « Aimeriez-vous que votre patron change rétroactivement à la baisse vos conditions de retraite après que vous y ayez contribué toute votre vie ? ».

De l’autre côté, il est vrai que les contribuables croient que les fonctionnaires sont des privilégiés avec de bonnes conditions de travail et qu’ils envient les conditions de leurs pensions de retraite. Pour eux, il est injuste qu’ils doivent payer seuls la facture des déficits de leurs régimes de retraite.

Que faire ? Dans un premier temps, il faut bien expliquer aux citoyens et aux fonctionnaires tous les aspects du problème.

Il faut mettre fin aux méthodes de contestations extrêmes, comme la récente à Montréal. C’est inacceptable et le maire de Montréal a raison de vouloir punir sévèrement les chefs syndicaux responsables de cette malencontreuse manifestation illégale. J’espère qu’il réussira et que ces derniers comprendront que la seule vraie solution est de se rendre avec la ville à la table de négociations pour trouver des compromis. Il y va de l’intérêt de tous.

Si les syndicats refusent de négocier honnêtement, que le gouvernement du Québec légifère pour régler cette situation suite à la décision de l’arbitre. Si les villes ne négocient pas honnêtement, ce sera à nous citoyens de faire pression sur nos élus pour qu’ils tiennent compte de l’évolution inattendue de ce dossier.

Dans ce conflit, il y a deux côtés à la médaille et les deux sont défendables… dans le calme et la paix !

Claude Dupras

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Les ingénieurs du futur et le Québec

Posted June 11, 2014 by Claude Dupras

Un article d’octobre 2013 de Roland Vardanega, président de la Société des ingénieurs Arts et Métiers de France et ancien président du directoire de PSA Peugeot-Citroën, que j’ai conservé, m’a particulièrement intéressé. Ce texte, publié dans le magazine français Le Point, me semble pertinent en rapport avec le futur du Québec et c’est pourquoi j’ai pensé en faire le sujet de mon blog d’aujourd’hui. Le voici:

« Quel ingénieur pour le XXIe siècle ? »

Comment en douter ? Le développement durable, l’urbanisation croissante de la planète, la recherche et le stockage de l’énergie, les besoins de mobilité qui, partout, vont croître avec le niveau de vie et qui poseront de nouveaux problèmes à l’humanité tout entière, l’alimentation et l’eau pour 9 milliards d’individus avec, là encore, des difficultés insoupçonnables en termes de santé, de vieillissement de la population, de gestion des déchets…, les ingénieurs vont avoir du travail.

C’est par un travail collaboratif que les progrès seront faits. Des ingénieurs spécialisés, des experts resteront bien sûr nécessaires. Mais le temps du chef d’orchestre est arrivé, l’homme qui fédère les compétences, anime les équipes.

Les qualités demandées seront celles d’un chef qui fait grandir ses collaborateurs, qui fait jouer tout l’orchestre, et pas seulement quelques individualités. Ce siècle sera complexe et imprévisible et les ingénieurs n’auront pour seule boussole que leur éthique, leurs valeurs et leur aptitude aux relations humaines. Ils devront avoir du charisme et être aussi à l’aise avec le « top management » qu’avec les collaborateurs et les subordonnés.

Les ingénieurs qui auront du succès seront ceux capables de transformer les avancées de la science en innovations accessibles aux populations.

Enfin, l’ingénieur du XXIe siècle ne sera pas ingénieur une fois pour toutes. Il devra sans cesse apprendre, s’adapter, se remettre en cause. Il devra aussi être ouvert sur le monde, sur les autres, les avancées technologiques. Il vivra plusieurs vies. »

Le Québec est un des centres importants du monde en écoles de génie. Polytechnique, McGill, ETS, Concordia, Laval et l’UQ produisent annuellement plus de 3 200 ingénieurs. Si j’en juge par Polytechnique avec laquelle je suis plus familier, ces écoles s’adaptent aux problèmes de la population mondiale et ajustent continuellement leur curriculum, leurs facilités, leurs laboratoires… et leurs enseignements particuliers pour préparer des ingénieurs à la hauteur des tâches qui les attendent.

Montréal est aussi le chef-lieu de certaines des plus grandes firmes d’ingénierie du monde et d’entreprises industrielles, manufacturières, pharmaceutiques et autres de grande importance.

Parmi celles de génie, on retrouve : SNC-Lavalin, 8e au monde, avec ses 40 000 employés qui œuvrent dans 40 pays, WSP (ex-Genivar), 16e au monde avec ses 20 000 employés dans 30 pays et plusieurs autres firmes importantes de 2 000 à 4 000 employés et qui continueront à croître durant les prochaines années. Sans oublier les innombrables firmes de moyenne et petite tailles hautement spécialisées et qui sont fort compétentes dans toutes les sphères des sciences appliquées. Plusieurs de ces dernières œuvrent aussi à l’étranger. À elles s’ajoutent des firmes internationales comme Aecom (4e au monde) venues s’implanter au Québec en achetant des boîtes d’envergure comme Tecsult, spécialisée en barrages hydro-électrique.

Dans les industries et manufactures telles, l’avionnerie, le transport, la fabrication, l’environnement, l’épuration des eaux, les mines, etc… des ingénieurs de haute qualité œuvrent et sont de plus en plus nécessaires et recherchés pour leur qualité d’organisation de projets.

Malgré l’année éprouvante que viennent de traverser plusieurs des firmes de génie québécoises suite aux révélations de la Commission Charbonneau sur la nature du financement politique qu’elles pratiquaient pour obtenir des mandats gouvernementaux du Québec, un fait demeure : leur compétence. Et c’est sur cette base que l’avenir doit se bâtir.

Ce savoir-faire de nos ingénieurs est reconnu dans tous les coins de notre planète où ils l’ont démontré. Déjà, un très grand nombre d’entre eux sont de bons gérants de projet, des managers efficaces. Les qualités nécessaires à la gérance n’étant pas nécessairement innées dans chaque individu, ni vraiment enseignées dans le passé, les circonstances ont exigé qu’ils les acquièrent sur le tas.

La progression impensable de l’importance de l’engineering depuis soixante ans dans le monde, nous laisse imaginer ce qui s’en vient dans le prochain siècle. L’envergure et la complexité de la réalisation des projets futurs, quelle que soit leur nature, nécessiteront l’apport d’ingénieurs pour la coordination d’équipe composées de spécialistes, de scientifiques et d’experts de toutes catégories. De même pour les recherches, l’accompagnement individuel ou organisationnel, la communication interculturelle, la formation, etc… Il devient donc essentiel que de plus en plus d’ingénieurs soient capables de remplir de tels rôles et que nos écoles de génie puissent les y préparer en incorporant, dans les cours, des initiations au développement de la personnalité, aux relations humaines, à la gérance avancée et au leadership. Après avoir obtenu leur baccalauréat en génie, il sera utile pour les nouveaux diplômés d’en obtenir un deuxième dans une des spécialités qui touchent les sujets que je viens de mentionner.

De son côté, notre gouvernement devra toujours être au fait du futur prometteur de l’engineering dans le monde et de la position unique du Québec face à cette opportunité. Pour maintenir et améliorer sa position, il devra constamment assurer le développement et le perfectionnement de nos écoles de génie afin qu’elles demeurent dans le top mondial et que nous produisions de plus en plus d’ingénieurs à la fine pointe de la demande. Il devra faire en sorte que nos firmes d’ingénieurs maintiennent leur siège social au Québec et que nos entreprises opèrent leurs usines sur notre territoire, le plus possible. Tout cela se traduira par une économie québécoise plus dynamique et riche.

Le Québec : endroit par excellence du génie dans le monde. Pourquoi pas ? Les meilleurs étudiants viendront étudier chez nous, car nos écoles seront les meilleures. Nos diplômés seront les plus prêts à relever les défis nouveaux. Nos firmes d’ingénieurs et nos entreprises seront dynamiques et d’avant-garde. Les nouveaux ingénieurs étrangers diplômés de nos écoles, dont les Français, voudront y travailler et s’implanter chez nous de façon permanente.

Le texte de Roland Vardanega devrait être le guide des jeunes ingénieurs québécois afin qu’ils comprennent bien l’importance de la formation continue qui leur permettra, en tout temps de leur carrière, d’être de meilleurs ingénieurs et des managers efficaces capables de répondre aux grands défis de demain.

Claude Dupras

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D’un Montréalais à l’autre : de Marcel Côté à Xavier Dolan

Posted May 28, 2014 by Claude Dupras

Marcel Côté est né dans la ville minière de Malartic du nord-ouest québécois. Après ses études élémentaires, secondaires et collégiales, son intérêt porte sur la culture scientifique, la technologie et l’économie. L’Université d’Ottawa l’accueille et il obtient un baccalauréat en sciences physiques. Puis, il s’enrôle à l’Université Carnegie Mellon de Pittsburg où, trois ans plus tard, il termine avec succès une maitrise en sciences économiques.

Avec ce bagage de diplômes, Marcel Côté enseigne aux universités de Sherbrooke et de Montréal et, quelques années plus tard, fonde la société SECOR, conseil en stratégie et management. Avec le temps, la firme couvre le Canada avec des bureaux à Québec, Toronto et Vancouver. Puis, elle s’internationalise en installant des antennes à New York et Paris. Son succès vient du fait qu’il est un brillant économiste dont l’approche conservatrice est recherchée dans le monde. En 1986, il reçoit le titre de Fellow du centre des affaires internationales de l’université d’Harvard.

Sa mort récente lors d’une randonnée cycliste au Québec a bouleversé notre société. Ses concitoyens n’ont cessé de parler de la dimension hors de l’ordinaire de cet homme simple, racé, ouvert et compétent, lui rendant ainsi un hommage grandement mérité. Les parlementaires québécois ont souligné à l’Assemblée Nationale son apport à notre société et le maire de Montréal qui avait confronté Marcel Côté comme candidat-adversaire à la dernière élection municipale et s’en était fait, depuis, un bon ami, a déploré le départ de cet homme brillant, solide en soulignant que Marcel Côté avait collaboré étroitement avec lui et le président du comité exécutif de la ville pour les aider à bien orienter Montréal vers le futur, et cela bénévolement.

Membre de nombreux conseils d’administration, de mouvements d’affaires, de culture, de charité et de sport, il ne refusait jamais d’aider et de participer activement au développement positif de ces groupes que ce soit le YMCA, la fondation du Grand Montréal, l’institut de recherches en politique publique, l’orchestre symphonique de Montréal, les amis de la montagne, Montréal en lumière, Action Canada, la fondation neuro-Canada, la compagnie de danse Marie Chouinard, la table d’action en entreprenariat de Montréal et des dizaines d’autres. Compétent et généreux de son temps et de son argent, il s’est avéré un grand philanthrope, un homme de vision, un bon dirigeant, un excellent conseiller de premiers ministres, un individu qui aimait le genre humain qui possédait un sens naturel de la justice et qui cherchait constamment a améliorer le sort de ses semblables par des dons et par la fondation ou le soutien d’œuvres de toute nature pertinentes à leurs besoins. Toujours sans rechercher le profit et de manière désintéressée.

Il y a quelques mois, je lui ai demandé d’aider le fils d’un ami français qui voulait rejoindre les rangs de la compagnie KPMG, qui avait acheté SECOR, où Marcel Côté agissait toujours comme membre du conseil d’administration. Ce garçon voulait simplement avoir l’opportunité d’être admis à un examen d’entrée pour travailler dans ce groupe important, en Europe. Marcel Côté a accepté et dans un voyage à Paris a fait en sorte qu’il puisse faire valoir ses qualités devant le comité de recrutement de la firme. Malheureusement, le jeune n’a pu démontrer qu’il était à la hauteur de ses attentes. Cette décision m’a démontré, encore une fois, sa dimension humaine et son impartialité.

Montréal va manquer son grand citoyen Marcel Côté.

Au même moment, une bouffée d’air frais nous est venue de Cannes où se déroulait le festival annuel de films.

Un jeune cinéaste montréalais Xavier Dolan devenait, subitement, la coqueluche de la croisette et une vedette montante mondiale. Ce n’était pas son premier festival malgré ses 25 ans. Son nouveau film « Mommy », le cinquième qu’il produisait, est devenu un « hit » au point qu’une ovation de 12 minutes suivit sa projection. Mais ce qui est encore plus révélateur est le niveau de popularité qu’il a acquis. Les journalistes et photographes s’arrachaient non seulement ses commentaires et des « clichés » intéressants mais sollicitaient son autographe, pour eux-mêmes et leurs proches. C’est la vedette de son film, Anne Dorval, qui témoignait de la reconnaissance acquise par le jeune montréalais : « les gens criaient son nom. C’était impressionnant de voir les gens hurler comme s’il s’agissait de Mick Jagger. Les filles pleuraient, je n’ai jamais vu une chose pareille ».

Né à Montréal d’un immigrant égyptien devenu auteur-compositeur-interprète et comédien québécois, Manuel Tadros, et d’une mère, Geneviève Dolan, chargée des admissions dans un collège de la métropole, il est dès l’âge de 4 ans une petite vedette dans les réclames des pharmacies Jean Coutu, puis il double la voix de Ron dans Harry Potter et joue dans la série « Omerta » à sept ans, etc. Il n’aime pas l’école car son attention est ailleurs. Il aime l’action du monde cinématographique.

À 15 ans, son père change de compagne. Xavier Dolan quitte l’école, est désabusé, se pense devant rien mais possède 150 000$ venant de ses cachets de comédien mis de côté par ses parents. Il cure son mal en écrivant le scénario de son premier film « J’ai tué ma mère ». Il le propose à plusieurs producteurs qui le refusent. Finalement, il décide de le faire lui-même… Dans ce travail, il n’a pas le temps d’être indulgent et le démontre par son intransigeance, son impatience et ses crises violentes. Il est exigeant jusqu’à la cruauté. Il sait ce qu’il veut et ne peut se satisfaire de moins. Vivre intensément est son besoin urgent. Réaliste, il réclame vivement la critique. Il fait toutes les « jobs » : acteur, scénariste, producteur, monteur, chef décorateur, costumier, éclairagiste, directeur artistique… En 2009, il se retrouve à Cannes pour la projection de son film. C’est un succès… mitigé. Un premier. Depuis, il a fait un film par an et en plus de Cannes, il est aux Oscars, aux Césars, au festival de films de Toronto, au Mostra de Venise… où il remporte des nominations importantes et des prix.

La bouffée d’air frais n’est pas venue de tout ce branle-bas spectaculaire, mais des propos qu’a tenus Xavier Dolan suite à son récent succès à Cannes dont à l’émission 24/60 de Radio Canada que j’ai eu l’occasion d’écouter. Une phrase m’a particulièrement frappé : « Il n’y a rien comme l’art, en fait, pour imprimer dans l’imaginaire mondial l’existence d’un peuple » démontrant ainsi que l’art est aussi important que la politique et la science dans la société. Quelle vérité, mal comprise par trop de Québécois!

Il dénonce les blogueurs démagogues qui traitent les artistes « de parasites qui vivent aux crochets de l’État et qui font la grande vie à Cannes » et espère que ses succès permettront de faire évoluer les mentalités. Il s’est adressé particulièrement aux gens de sa génération en les encourageant à avoir confiance en eux et à ne pas être pessimistes quant à l’avenir. « Rien n’arrête quelqu’un qui est travaillant, quelqu’un qui espère ».

À l’animatrice de l’émission, Anne Marie Dussault, qui l’interrogea sur les idées politiques de sa génération, il a spontanément répondu : « Ma génération s’est détournée du Parti Québécois, mais pas du projet d’indépendance, qui n’est pas mort ». Je crois qu’il y a beaucoup de vrai dans cette affirmation et ce devrait être un avertissement à tous ceux qui croit que la question nationale est définitivement enterrée.

Quant au rêve d’obtenir la Palme d’or de Cannes, Dolan a démontré sa sensibilité en affirmant qu’il ne l’espérait pas « pour satisfaire son ego mais plutôt mais pour nous tous (Québécois) comme image, comme métaphore de notre identité, pour qu’on nous reconnaisse ».

Québécois dans l’âme, il déclare : « J’ai suivi le Québec qui nous suivait. On a senti la vague d’amour, de la part des cinéphiles et de tout le monde. Nous avons senti leur soutien et leur amitié ».

Xavier Dolan ressentait le besoin de retourner aux études avant le succès qu’il a connu à Cannes. Mais il veut maintenant surtout ne pas pénaliser son film « Mommy » en assurant, de façon ordonnée, sa distribution dans le monde. Il semble ne pas se formaliser de sa nouvelle célébrité, malgré qu’il ait reçu des offres concrètes de grands studios américains.

Quel plaisir de suivre l’évolution de ce jeune homme ! Quel style ! Quelle bonheur de l’entendre expliquer ses points de vue dans un langage châtié, en français ou en anglais ! Quel magnifique personnage!

Montréal a perdu un grand Montréalais en Marcel Côté mais en a gagné un nouveau, différent mais aussi de grande qualité, en la personne de Xavier Dolan.

Claude Dupras

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